Exposition du 15 janvier au 9 février

IOANA
François VIGORIE

 

IOANA
« Poèmes en couleurs »

« Les récentes peintures de Ioana revendiquent leur filiation poétique résolument donnée par les titres qui rappellent des affinités expressives partagées…. Pour Ioana, seul compte le regard intérieur. Depuis longtemps elle a fait le choix d’une peinture cosmogonique. Sa vision absorbe les formes dans une densité matérielle lumineuse, dont elle attend qu’elle dispense une évasion mentale. … A aucun moment, Ioana cherche à représenter. L’image, iconoclaste, est supplantée par un réseau de vibrations ponctuées de signes, hiéroglyphes aux résonances poétiques évidentes, dont l’empreinte cursive cristallise l’apparence émaillée de la surface….
Ioana est parvenue à donner formes et couleurs au poème, dont la musique répond au champ vibratoire et chromatique, de la peinture. »

Lydia HARAMBOURG
Correspondant de l’Institut
Académie de Beaux Arts


François VIGORIE 
« Sculpteur sur transparence »

François Vigorie appartient à cette catégorie de fervents novateurs qui ont lutté pour la reconnaissance et la réhabilitation du potentiel expressif du verre. Et ceci dans une solitude et une abnégation exemplaires, dans un pays qui n’a pas de tradition verrière…

Par le biais de l’érosion rapide, il dépiaute, creuse , mais ne rajoute pas, l’absence de matière créant à la fois le volume et l’image, sans prêter aucune attention aux analogies fortuitement révélées. Le rapport aux apparences n’entre pas dans ses visées, même si des formes organiques s’agrègent parfois au matériau, parce qu’il doit œuvrer à chaud, dans l’urgence de ses sensations, avant de confier ses compositions au polissage, en prenant soin de conserver intacte la partie ouvragée. Quant aux partitions chromatiques, qui apportent leurs nuances variées à la limpidité du verre, elles sont l’objet d’une préparation industrielle étudiée, mais Vigorie leur préfère le blanc, qu’il traite à l’égal d’une couleur, sur laquelle tranchent les amputations érodées, torsadées ou froissées de certaines parties de la surface…

Au fil de ses volumes en perpétuel enfantement, où la lumière est consubstantielle de la forme et où le noyau de la forme n’a pas d’ancrage défini, Vigorie nous parle de la transcendance du vivant dans l’inerte. En liant esprit et matière dans cette montée vers la lumière, qui exhale ses sentiments intimes et son sens de l’humain, car « la transparence, mentionne-t-il, c’est comme la nature humaine », il émet non seulement des énergies primordiales, mais il traduit aussi le mystère de la découverte qu’il fait peu à peu de lui-même et des virtualités de son matériau d’élection.

 

 

Gérard Xuriguera